Les prix des voitures d’occasion reculent pour la première fois depuis 2020, selon les données récentes des principaux réseaux de distribution. Les transactions enregistrent un repli marqué, alors que les stocks augmentent dans l’ensemble des grandes agglomérations.
La progression rapide des motorisations électriques et hybrides accentue la pression sur les modèles thermiques récents. Les acheteurs hésitent, suspendant leurs décisions, tandis que les professionnels ajustent leurs marges face à la volatilité persistante des valeurs résiduelles.
Où en sont les prix des voitures d’occasion en 2024 ? Analyse et comparatif avec les années précédentes
En 2024, le marché de l’occasion marque un tournant inattendu, rarement observé depuis la pandémie. Les analyses de AAA Data mettent en lumière une tendance actuelle à la baisse du prix moyen des voitures d’occasion en France. Après deux ans d’augmentation continue, la courbe s’inverse : le prix moyen descend sous la barre des 18 000 euros au début de l’année, contre près de 19 000 euros en 2023. Ce recul, modéré mais tangible, tranche avec la dynamique du marché automobile français depuis 2021.
Plusieurs explications s’imposent. D’une part, le retour en force des ventes de voitures neuves injecte sur le marché de l’occasion un afflux de modèles récents. D’autre part, la demande faiblit sous l’influence d’un contexte économique instable. Face à ce double mouvement, les professionnels n’ont guère d’autre choix que de revoir leurs prix à la baisse, sous peine de voir les stocks s’accumuler.
Pour prendre la mesure de cette évolution, voici un aperçu synthétique sur trois ans :
| Année | Prix moyen (euros) | Variation annuelle |
|---|---|---|
| 2022 | 18 500 | +7 % |
| 2023 | 18 900 | +2 % |
| 2024 | 18 100 | -4 % |
Ce recul du prix des voitures d’occasion s’accompagne d’un allongement notable des délais de vente. Dans les concessions, on parle désormais d’un marché où le choix s’élargit et où la négociation retrouve sa place. Les acheteurs les plus aguerris multiplient les comparaisons, flairant les opportunités, alors que le marché automobile tente de se stabiliser entre inflation, renouvellement du parc et changements d’habitudes.
Marché en mutation : quelles tendances pour l’essence, l’hybride et l’électrique ?
La recomposition du secteur du neuf rejaillit directement sur le marché de l’occasion. Aujourd’hui, les voitures essence dominent toujours, mais la montée en puissance des véhicules hybrides et voitures électriques s’accélère en 2024, portée par le renouvellement du parc et la pression des réglementations environnementales.
Chez les concessionnaires, la voiture hybride s’impose comme un choix de compromis : plus abordable que l’électrique, rassurante côté fiabilité. Les modèles signés Toyota ou Renault partent plus vite que les autres. Jusque-là freinée par la rareté de l’offre, la seconde main hybride profite désormais de l’arrivée massive des flottes d’entreprise sur le marché.
Pour les voitures électriques, la dynamique reste nuancée. Si la Renault Zoé et la Peugeot e-208 gagnent en visibilité, les tarifs, même en retrait, continuent de limiter les ventes. Beaucoup d’acheteurs hésitent : autonomie réelle, longévité des batteries, revente future… La voiture électrique d’occasion séduit, mais n’a pas encore gagné la partie.
Les marques françaises maintiennent leur mainmise sur le marché : Peugeot, Renault, Citroën trustent les ventes, grâce à une offre dense en citadines et compacts. Le groupe Stellantis, notamment, tire son épingle du jeu avec des volumes conséquents. Dans cette période d’incertitude, la diversité, qu’elle soit essence, hybride ou électrique, devient un pilier de l’industrie française et européenne en pleine adaptation.
Pourquoi les acheteurs hésitent-ils ? Les facteurs qui freinent la demande en 2025
Cette année, la prudence règne. Les consommateurs avancent avec retenue. L’attentisme s’impose, nourri par une période d’inflation persistante et des incertitudes politiques qui brouillent l’horizon. Les chiffres parlent : la tendance à épargner s’affirme. L’achat d’une voiture d’occasion se réfléchit, se décale, loin du réflexe des années euphoriques.
Plusieurs paramètres viennent peser sur la décision : l’augmentation générale des prix, l’érosion du pouvoir d’achat, le coût d’entretien, la fiscalité, et bien sûr, la hausse du carburant. S’ajoute à cela l’inquiétude face aux annonces de nouvelles réglementations, notamment sur la sécurité routière. Les avantages fiscaux sur certaines motorisations, particulièrement hybrides ou électriques, sont loin d’être garantis à long terme, ce flou ne rassure pas.
Dans ce contexte, le marché français se réajuste. De plus en plus d’acheteurs font le choix d’attendre, d’observer et parfois d’opter pour des solutions alternatives : location longue durée, autopartage, ou report pur et simple du projet. Prendre une nouvelle voiture d’occasion devient une décision retentissante, où l’incertitude le dispute à la prudence. La confiance, socle du secteur, vacille : un climat d’expectative s’installe et recompose silencieusement tout l’écosystème de l’automobile d’occasion.
Conséquences sur l’économie automobile : ventes, modèles plébiscités et perspectives pour l’an prochain
Le marché des voitures d’occasion encaisse une baisse des ventes qui pèse sur la santé de l’industrie française. Les distributeurs constatent une rotation des stocks plus lente, et les concessionnaires, face à cette inertie, révisent leur stratégie. Les chiffres le confirment : la demande recule, en particulier pour les modèles anciens et diesel.
La hiérarchie des modèles évolue sensiblement. Voici, pour mieux cerner ces tendances, les modèles les plus recherchés :
Tableau des modèles les plus vendus
| Modèle | Position |
|---|---|
| Renault Clio | 1 |
| Dacia Sandero | 2 |
| Peugeot 208 | 3 |
La Renault Clio reste la référence, suivie de près par la Dacia Sandero et la Peugeot 208. Ce trio s’impose grâce à leur fiabilité reconnue et un coût d’entretien raisonnable. Les citadines et compactes séduisent par leur polyvalence, alors que les SUV marquent le pas, freinés par le contexte économique et la fiscalité renforcée sur les véhicules plus lourds.
Le groupe Stellantis voit plusieurs de ses marques, Fiat, Jeep, Citroën, céder du terrain. Quant à Alfa Romeo, sa présence reste discrète. L’année à venir reste pleine d’incertitudes, suspendue à la capacité de l’industrie à répondre à une clientèle désormais plus sélective, attentive et exigeante. La route du marché de l’occasion s’annonce plus sinueuse, mais pleine de défis à relever.


